Le cardinal Fesch et Louis Querbes

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Courrier Querbes – Hiver 2015 – X,3 (PDF).

Persévérance malgré tout

CardinalLe cardinal Fesch a été l’évêque de Louis Querbes en son enfance et en sa jeunesse, mais ils n’ont pas dû se voir souvent. C’est quand même sous son règne que le garçon a fait sa première communion le 26 juin 1805 en la Fête-Dieu. Il avait alors 11 ans.

À la rentrée des classes de la même année, il se joint à la toute nouvelle école cléricale de Saint-Nizier. Deux ans plus tard, il sera tonsuré par l’archevêque le 28 mars 1807.

Mais même dans l’euphorie de sa position, on peut dire que Fesch ne l’a pas toujours eu facile avec son neveu, l’Empereur. Il a été coincé à certains moments entre ses convictions personnelles et les exigences de l’Empereur.

Il se voit obligé, par exemple, de bénir en secret, quelques heures avant le sacre, l’union de son maître avec Joséphine et, cinq ans plus tard, en toute solennité, de bénir les épousailles du grand homme avec Marie-Louise, la nouvelle impératrice.

N’empêche qu’au milieu de son périple, il est resté grosso modo fidèle à ses engagements religieux, tout en sachant garder intact le sens de ses intérêts, cumulant les bénéfices et continuant de nourrir sa passion de toujours pour les œuvres d’art, dont il est un collectionneur boulimique. Tous ses revenus y passent. Ce qui explique qu’Ajaccio peut s’enorgueillir aujourd’hui d’un Musée Fesch fort respectable.

Présence du Curé Besson

Comme beaucoup de prêtres à l’époque, Jacques-François Besson (1756-1842), a connu une vie mouvementée. Après ses études cléricales au Séminaire Saint-Irénée, il se donne une formation d’avocat avant d’aboutir vicaire général du diocèse de Genève.

Au temps de la Terreur, c’est terré en Savoie qu’il est arrêté le 20 février 1793, emprisonné et condamné à l’exil en Guyane. Lors de son transfert à Bordeaux, il réussit à s’évader et comme bien d’autres prêtres réfractaires, il se réfugie hors de France. La ville de Constance l’abrite d’abord, puis Turin et même Munich. Il ne rentrera au pays qu’une fois signé le Concordat de 1801.

L’importance de l’abbé Besson dans la formation du jeune Louis Querbes n’est pas mineure. Curé de Saint-Nizier depuis 1801 il a été une sorte d’escorte pour lui et deux de ses copains, Rabut et Steyert, jusqu’à leur ordination.

C’est ce prêtre qui, à mi-chemin, les confia à un éducateur de premier ordre, Guy-Marie de Place, histoire d’étoffer leur formation. Contre la coutume qui voulait qu’un nouveau prêtre inaugure son sacerdoce hors des grands centres, Besson tenait à garder près de lui Querbes comme vicaire. Il voyait en lui un ami, et un ami doté de grandes capacités.

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