La fête de la Saint-Viateur …

… est l’occasion de rendre grâce à Dieu de ce que le vénérable père Louis Querbes a suscité en nous, religieux et associé.es. Oui, nous avons été appelés à suivre l’exemple de saint Viateur, lecteur-catéchiste du 4e siècle. Sa fidélité à la Parole de Dieu et son désir de faire connaître le Christ ont marqué l’histoire de notre communauté.

Berceau des CSV, Vourles, France

C’est un bon moment pour nous arrêter quelques instants sur notre propre vocation. Nous nous sommes reconnus dans la réalisation du charisme de notre fondateur. En éducateur et serviteur de la Parole, nous avons, au fil des ans, susciter des communautés où la foi est vécue, approfondie et célébrée.

Cet idéal s’est traduit dans l’enseignement, le service des saints autels, l’accompagnement de jeunes et d’adultes, la création de voies originales pour rejoindre les gens de notre temps : du Sanctuaire de Lourdes aux mouvements de jeunes, des écoles prestigieuses aux écoles de campagne, des centres spécialisés à la Maison de la foi au service du monde de la surdité, des activités catéchétiques à nos engagements pastoraux. Ici ou ailleurs dans le monde.

Partout, à la suite de Viateur, ce saint peu connu, nous avons osé la vie fraternelle. Nous sommes allés en visitation, une sortie de soi pour aller au rendez-vous que Dieu nous donne sur des routes parfois bien inconnues, grandement insécures.

Encore aujourd’hui, je nous invite à réfléchir un petit moment sur notre fidélité à cet appel premier.

Quand nous regardons en arrière, tous nos engagements nourrissent notre fierté, mais la Parole de Dieu nous indique la clé de notre fidélité à notre engagement premier prononcé il y a trois ans, dix ans, trente ans, quatre-vingt ans.

Pour tenir dans le temps, il nous faut ce regard joyeux d’Élisabeth devant la venue de sa cousine Marie : « D’où m’est-il venu que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » (Luc 1,39-40).

Nous affirmons souvent que nous sommes allés à la rencontre de Dieu. Mais, dans la réalité de nos vies, c’est Dieu qui a fait les premiers pas, c’est Dieu qui a mis sur notre route des personnes et des événements qui nous ont fait relever la tête et oser des réponses inédites. Ouvrons nos vies pour y laisser venir encore aujourd’hui ce Dieu qui frappe à nos portes.

Écoutons aussi le Seigneur qui s’adresse directement à Élie : « Pourquoi es-tu ici ? » Et lui de répondre avec empressement : « Je suis passionné pour le Seigneur, je veux le rencontrer. » (1 Rois 19, 13-14). Rappelons-nous cette joie qui nous habitait lors de nos premiers engagements.

La lumière du Christ illuminait nos regards et nous rendait porteur d’une Bonne Nouvelle pleine de joie.

Si nous tenons au fil du temps, dans l’ordinaire de la vie de tous les jours, avec tous les problèmes qui accablent l’Église comme notre monde, oui, si nous tenons, c’est bien parce que nous sommes des passionnés de Dieu.

Faisons donc en sorte que nos communautés soient des lieux de la manifestation de cette joie débordante des ressuscités du matin de Pâques, des femmes et des hommes avec qui il fait bon vivre, travailler et marcher.

Dans l’Évangile de Jean (Jean 5, 2-9), Jésus est direct : Lève-toi, prends ton grabat et marche. Lève-toi, prends tout ce qui est lourd dans ta vie, et marche. Lève-toi, c’est ton grabat qui donne une couleur toute particulière à ta vie. C’est en marchant, même à petits pas, que nous arriverons à aimer la vie, la servir, la contempler. Soyons des porteurs de joie, de fraternité, de confiance que la vie vaut la peine d’être vécue jusqu’au dernier souffle.

Oui, rendons grâce pour l’initiative audacieuse du vénérable Louis Querbes. Fêtons ce que nous sommes ! Osons encore ouvrir l’avenir ! Portons dans nos prières nos sœurs et frères Viateurs du monde ! Je suis un passionné de Dieu. Rien ne pourra me faire taire ! Rien ne pourra m’arrêter ! Marchons à la suite de saint Viateur sous l’œil bienveillant du P. Querbes !

Source :
Bulletin d’information – Octobre 2025 – No 272 (PDF)

Publications similaires

  • À l’époque de Champagneur

    À l’arrivée des Clercs de Saint-Viateur à l’Industrie, en 1847, ceux-ci se virent attribuer des terrains par Monsieur Barthélemy Joliette, à condition de faire œuvre d’éducation. Recevoir des terres est important, mais pour vivre il faut aussi de l’argent liquide.

    Deux ans après ce don, la paroisse lotit, au nom de la fabrique, les terrains entourant la rue Manseau afin de tirer profit de la situation.

    Au début des années 1850, le Père Champagneur lotit à son tour, au nom du Noviciat Saint-Viateur les terrains de la rue Saint-Louis.

    (…)

  • Habiter dans la confiance

    C’est sous ce thème qui rappelle les objectifs de notre province canadienne que les Viateurs de France (religieux et associés) ont vécu leur retraite annuelle du 21 au 25 octobre à l’abbaye bénédictine d’En-Calcat, dans la commune de Dourgne, diocèse d’Albi dans le département du Tarn (Sud-Ouest de la France).

    J’ai eu le bonheur d’animer ce temps de réflexion et de prière dont le thème a été formulé à partir du psaume 4.

    Les paroles de ce psaume m’ont interpellé. Les psaumes marchent avec notre vie de tous les jours. Ils s’incrustent dans notre histoire. J’aime leur spontanéité, leur authenticité, leur vérité nette et crue.

  • Hommage – Funérailles du P. Yves Beaulieu, c.s.v.

    La nouvelle du décès d’Yves ne m’a pas surpris outre mesure, mais honnêtement, elle m’a causé un grand chagrin. La perte de personnes qui ont été des phares, des mentors dans notre vie et le laisser-aller de grands amis créent de profondes blessures dans notre humanité, dans notre foi solide et fragile à la fois.

    La mort de personnes chères laisse toujours une marque qui crée de la solitude. Et cette solitude, n’est-elle pas le berceau de la vie, à ses premières et
    dernières heures ?

  • Le pèlerinage des Viateurs enracinés dans les Béatitudes

    Je désire articuler le message pastoral 2014-2015 autour de la symbolique du pèlerinage. Celui que tous les Viateurs accomplissent à travers le monde, pour souligner la mémoire du Père Louis Querbes.

    Ne l’oublions pas, « le Christ nous enseigne à devenir saints. Dans l’Évangile, il nous montre la route : celle des Béatitudes. »

  • 40e anniversaire de la Fondation Roch Ste-Marie

    Notre confrère Marcel Ste-Marie (1928-1986), ses deux sœurs et ses cinq frères ont célébré en 1976 les noces d’or de leurs parents, Alexandrine Guertin et Roch Ste-Marie.

    Quel cadeau leur offrir? Ils optèrent pour la création d’une Fondation pour aider financièrement à l’éducation de jeunes moins favorisés en pays de mission. Le missionnaire en Haïti Marcel sera le premier à voir les fruits de cette initiative.

  • Viateur, un saint peu connu

    Il n’existe pas de biographie d’époque de saint Viateur. C’est par des fragments de l’histoire de son évêque saint Just que nous le connaissons. Les biographes récents disposent aussi pour se guider des données de l’Histoire générale.

    Ce que nous savons, c’est que Viateur était lecteur de l’Église de Lyon, qu’il était très attaché à son évêque, au milieu d’une population industrieuse, à demi christianisée. Nous savons aussi que Lyon était déjà la capitale de la Gaule et que l’évêque Just, son chef spirituel, jouissait d’une réputation solide, lui qui participa, au nom des évêques de la région, à au moins deux conciles à l’étranger.