Hommage – Funérailles du Père Réal Aubin, c.s.v.

RÉAL AUBIN (1927-2020)

Homélie

Avant de nous quitter, notre confrère le père Réal Aubin, nous a laissé une note que je voudrais bien respecté.

Réal Aubin c.s.v.« J’invite, écrit-il, la personne responsable de l’homélie à la messe de mes funérailles, à privilégier une intervention sur le texte de la Parole de Dieu choisie à l’occasion plutôt que sur certains éléments de ma carrière ou de ma personnalité. »

C’est tout un défi! Mais vous ne m’en voudrez pas si je dépasse un peu la mesure.

Pour être fidèle à sa demande, nous avons choisi des textes de la Parole de Dieu qui nous révèle le père Aubin tel qu’il a toujours été au milieu de nous :

Un homme de foi et d’espérance, d’une grande fidélité, un homme de service, de principe, de devoir, un confrère, un éducateur qui savait, à sa manière, se faire proche de ceux et de celles qui croisaient son chemin.

La première lecture nous donne à travers les propos de saint Paul l’image intérieure de ce que le père Aubin a toujours été au milieu de nous. Comme dit l’apôtre Paul, notre regard ne s’attache pas à ce qui se voit, mais à ce qui ne se voit pas. Ce qui se voit est provisoire, mais ce qui ne se voit pas est éternel. Dieu construit pour nous une demeure éternelle qui n’est pas l’oeuvre des hommes.

Cette première lecture, nous révèle le vrai et le beau visage du prêtre, du Viateur, de l’éducateur exigeant, compétent et d’une grande honnêteté envers ses élèves. Et quel bonheur avait-il de voir les élèves s’ouvrir à des connaissances nouvelles! L’enseignement, c’était sa mission qu’il vivait avec passion!

Présentement, nous vivons dans l’Église et dans le monde de grands bouleversements. Écoutons et laissons-nous toucher par cette parole de Jésus que nous rapporte saint Jean.

Jésus disait à ses disciples et son message se rend jusqu’à nous aujourd’hui : « Ne soyez pas bouleversés, croyez en moi … la maison de mon Père peut être la demeure de beaucoup de monde, sinon, est-ce que je vous aurais dit : « Je pars vous préparer une place … je reviendrai vous prendre avec moi … pour aller où je m’en vais vous savez le chemin …

Comment pourrions-nous savoir le chemin nous ne savons même pas où tu vas … Quelle parole d’espérance! « Moi, dit Jésus, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie … C’est à chacun de nous que Dieu lance l’invitation qu’il nous faut reprendre à notre compte et nous abandonner à ses promesses. Il tient parole, n’en doutons pas.

Chacun, chacune porte dans son coeur un souvenir, une histoire, une image, un moment d’intensité vécu en sa présence, à l’instant même où notre confrère le père Réal, après avoir servi de nombreuses années, entend encore une autre fois cette voix qui l’invite à entrer dans la joie et la paix du Seigneur.

Le père Aubin ne voulait pas qu’on parle de lui, de ses qualités, de ses nombreuses réussites. J’ai dépassé la mesure et je m’en excuse. Mais il voulait surtout que je vous dise que l’Évangile n’est pas un livre comme les autres. L’Évangile est comme un rendez-vous que Jésus donne à chacun et chacune d’entre nous jusqu’à la fin des temps, un coeur à coeur, intime et concret.

Pour bien vous faire comprendre ce que le père Aubin voulait que je vous dise, c’est que le Christ a besoin de chacun de nous, fragiles et pécheurs, pour se dire au monde … C’est à travers nous que dorénavant Dieu se rend visible au monde.

J’espère que j’ai été fidèle à sa volonté. Il ne voulait pas qu’on parle de lui, mais qu’on parle des merveilles de Dieu en réaffirmant que le royaume de Dieu est caché en chacun de nous dans notre coeur.

Le père Aubin voulait encore que je vous dise ce dernier mot : que chacun de nous au coeur de nos fragilités nous sommes des passeurs de Dieu, de son amour, de sa miséricorde. Il ne s’agit pas de faire de grands discours. Le Seigneur transparait à travers de ce que nous sommes.

La mission du père Aubin, sa prédication au milieu de nous était de témoigner de la présence de Dieu par l’excellence de son travail qui nous étonnait et la qualité de son accueil quand on le consultait et de la pertinence de ses remarques.

Nous savons bien que ce qui nous fait visage de Dieu au milieu des nôtres, c’est notre capacité d’émerveillement que lui-même Dieu dépose dans notre coeur … Dieu nous fait signe, disait-il souvent, à travers les besoins des autres. On ne reçoit pas le ciel en étant absent de son milieu. Il nous est donné au coeur de notre quotidien, voilà le message qu’il nous laisse.

Père Aubin, salue pour nous, le Père Querbes, notre fondateur, qui vient d’être déclaré vénérable, qu’il continue à veiller sur nous, et sur l’avenir de la congrégation.

Merci père Aubin pour ta remarquable fidélité. Que le Seigneur te reçoive dans la joie et la paix, entre dans la joie de ton Maître, tu as été pour nous, depuis de longues années, un fidèle et bon serviteur.

René Pageau, c.s.v.
Joliette, 8 janvier 2020

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