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Hommage – Funérailles du P. Gaston Perreault, c.s.v.

Dans Homélies, Le religieux par Nestor Fils-Aimé c.s.v. le 30/06/2015

Homélie

Frères et sœurs,

Père Gaston Perreault c.s.v.Les textes que nous avons choisis pour souligner la Pâque de notre cher Gaston nous présentent le sens de la vie et de la mort, le sens de la vie du Père Gaston et de sa mort. Nous avons été frappés par le départ précipité de celui qui, la semaine dernière encore, avait de beaux projets et croyait en la vie.

Jusqu’au bout Gaston est resté debout et a vécu les moments de sa maladie avec un détachement exemplaire et une sérénité que rien n’a pu ébranler. Gaston n’avait pas peur de mourir parce qu’il n’avait pas peur de vivre.

Certes nous le voyions décliner un peu à cause des traitements qui l’ont affaibli. Nous espérions que la médecine allait nous permettre de le garder avec nous encore de longs jours. Mais le Seigneur a décidé autrement.

Les extraits du livre de la Sagesse et de l’évangile de Saint Jean nous donnent la clé du mystère de la vie en Dieu et avec Dieu. Pour les croyants, ceux et celles qui mettent leur confiance en Dieu, l’énigme se résout sans grande difficulté.

Les personnes comme notre frère Gaston qui meurent en Dieu « sont dans la paix… Dieu les a trouvés dignes de lui. Il les a accueillis comme un sacrifice offert sur l’autel… Les gens, qui mettent leur confiance dans le Seigneur et lui sont fidèles, resteront unis avec lui dans l’amour. ». Voilà ce que nous dit le livre de la Sagesse.

Notre frère Gaston a mis toute sa confiance et son espérance en son Dieu qui tient parole. Ceux qui le connaissaient savent jusqu’à quel point il s’abreuvait à la source de cette parole de Dieu et combien il en a fait le guide de sa vie, son pôle de référence, sa boussole, son GPS.

C’est avec justesse qu’à l’occasion de son 50ème anniversaire de vie religieuse, il y a à peine trois ans, le F. Jean-Marc St-Jacques, qui lui a rendu hommage, écrivait tout au début de son texte que Gaston était un « homme de parole! Un homme de la Parole ».

Cette Parole qu’il a cherché à comprendre et à approfondir avec passion et dans la contemplation. Tout son parcours de vie a été coloré par son amour pour Dieu à travers la Parole de vie. Et cette Parole, Gaston en a goûté et il l’a fait goûter à d’autres soit en qualité d’accompagnateur, de maître de novices, de catéchiste, de pasteur. « Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur. Heureux qui trouve en lui son refuge » Ps 33.

Comme le souligne encore le F. St-Jacques : « On reconnaissait chez lui le pasteur attentif, l’éducateur soucieux de faire grandir, l’accompagnateur respectueux du cheminement de chaque personne ». Gaston savait rejoindre tout le monde dans les limites de ce que chacun était ou pouvait être. Et toujours avec une grande délicatesse, une simplicité qui frappait, une humilité renversante et une bonté sans bornes.

Quand j’ai appris le décès de Gaston, j’ai tout de suite pensé à l’épisode qui raconte la rencontre de Jésus avec les deux sœurs de son ami Lazare. Une rencontre déchirante. J’ai personnellement imaginé une rencontre avec Jésus où je lui aurais dit dans un accès de tristesse comme je l’ai ressenti mercredi dernier : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère Gaston ne serait pas mort. »

Qui pouvait ne pas avoir beaucoup d’affection pour ce confrère si charmant et si proche des autres? Qui pouvait ne pas aimer notre cher Gaston? Je l’appelais « Gast », comme je l’aurais fait en Haïti où le diminutif traduit la proximité, l’affection, la confiance et l’amour. Le décès de Gast a semé la consternation. Il nous a émus et nous émeut jusqu’aux larmes comme Jésus pour son ami Lazare. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ». Oui, nous aimions notre frère Gaston.

Gaston avait le don d’exprimer son amour pour tout le monde. Quel tempérament bienveillant! Quelle foi en Dieu et en l’être humain! Qui n’a pas fait l’expérience d’une rencontre avec ce confrère a manqué quelque chose d’exceptionnel. Il savait prendre le temps d’écouter les autres, de compatir à leurs souffrances, de les encourager et de semer l’espérance quand tout semble dans la nuit.

Il a certainement puisé cette énergie d’amour à la source de la Parole de Dieu, parole de foi et d’espérance pour ceux et celles qui osent l’aventure de la confiance. « Je suis la résurrection et la vie » dira Jésus à Marthe. Cette résurrection, nous la vivons déjà sachant que notre frère Gaston est déjà avec Dieu. Il est déjà en Dieu, ce Dieu qu’il a tant chanté et pour qui il a travaillé jusqu’à son dernier souffle.

L’an passé, c’est toi Gast qui as proposé à toute la communauté viatorienne une animation spirituelle en plusieurs saisons. C’est toi encore qui nous as offert un cahier d’animation en 10 étapes avec la Parole de Dieu, la « Joie de l’Évangile » de notre frère François et des textes viatoriens. Il y a à peine une semaine, nous prenions contact avec toi pour te remercier de cette belle contribution et te dire que nous entendons l’utiliser au cours de la prochaine année pastorale.

Il y a à peine deux semaines, Gast, je t’ai rencontré à l’occasion de ma visite pastorale dans cette résidence. Tu m’apparaissais en bonne forme. On s’est parlé comme deux frères. Tu m’as dit combien tu m’appréciais et que tu priais pour moi. Et moi, je t’appelais : « mon frère que j’aime ».

Te souviens-tu Gast? Tu m’as dit que « ça n’allait pas trop pire » et que tu pourrais m’aider dans la préparation de mon prochain message pastoral. Il est vrai que tu m’avais mentionné cette histoire d’élévation de température qui pouvait être fatale. Je t’avais dit que ça allait bien aller.

Il me semble que nous n’avions pas le projet d’être ici aujourd’hui pour cette circonstance spéciale. Ce n’est pas ce rendez-vous que nous avons pris. On avait des projets ensemble. On a encore des projets ensemble. À toi de t’arranger, mon frère, pour me soutenir dans l’animation de notre province viatorienne. J’attends la collaboration que tu m’as promise.

Il n’y a pas de doute que tu nous regardes du ciel et tu nous souris, Gast. Tu nous dis de ne pas nous inquiéter pour toi puisque tu es déjà avec ton Dieu. Je te confie notre communauté. Tu sais tout. Point besoin de te dire de travailler fort là-bas, d’intercéder pour elle et de continuer à veiller sur tes frères et sœurs.

Ô Dieu de la vie et de l’amour, merci pour ce frère que tu nous as donné. Il a été pour nous un signe de ta présence, de ta tendresse et de ton amour. Laisse-toi attendrir par sa fervente prière pour sa communauté et sa famille qui marchent encore ici-bas à tâtons et entre ombre et lumière. Que le souvenir de sa vie nous stimule et nous éveille à la conviction que jamais tu ne nous abandonneras. Tu marches et marcheras avec nous tous les jours jusqu’à la fin des temps. Amen.

Nestor Fils-Aimé, c.s.v.
Supérieur provincial
27 juin 2015

Saintes Écritures

Lecture du livre de la Sagesse (Sg 2,23; 3,1-6.9)

Dieu a créé l’homme pour une existence impérissable, il a fait de lui une image de ce qu’il est en lui-même. La vie des justes est dans la main de Dieu, aucun tourment n’a de prise sur eux. Celui qui ne réfléchit pas s’est imaginé qu’ils étaient morts; leur départ de ce monde a passé pour un malheur; quand ils nous ont quittés, on les croyait anéantis, alors qu’ils sont dans la paix. Aux yeux des hommes, ils subissaient un châtiment, mais par leur espérance ils avaient déjà l’immortalité. Ce qu’ils ont eu à souffrir était peu de chose auprès du bonheur dont ils seront comblés, car Dieu les a mis à l’épreuve et les a reconnus dignes de lui. Comme on passe l’or au feu du creuset, il a éprouvé leur valeur; comme un sacrifice offert sans réserve, il les a accueillis. Ceux qui mettent leur confiance dans le Seigneur comprendront la vérité; ceux qui sont fidèles resteront avec lui dans son amour, car il accorde à ses élus grâce et miséricorde.

Évangile de Jésus-Christ selon Jean 11,17-27

En arrivant à Béthanie, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Comme Béthanie était tout près de Jérusalem, beaucoup de Juifs étaient venus manifester leur sympathie à Marthe et à Marie dans leur deuil. Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. Mais je sais que, maintenant encore, Dieu t’accordera tout ce que tu lui demanderas. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera au dernier jour, à la résurrection. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais; Crois-tu cela? » Elle répondit : « Oui, Seigneur: tu es le Messie, je le crois; tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde. »

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