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Hommage – Funérailles du Frère Marius Caron c.s.v.

Dans Homélies, Le religieux par Nestor Fils-Aimé c.s.v. le 18/04/2016

Paroles d’accueil

Je vous souhaite la plus cordiale bienvenue à cette célébration des funérailles de notre frère et ami, le F. Marius Caron. Je salue de façon particulière ses sœurs, ses frères, ses belles-sœurs, ses nièces, ses neveux, et les autres membres de sa famille. À vous tous, les plus sincères condoléances de toute la communauté viatorienne.

Je salue la présence parmi nous de notre Supérieur général, le Révérend Père Alain Ambeault ainsi que son Vicaire, le Père Harry Célestin. Je remercie également Mgr Jacques Berthelet qui nous accompagne en cet instant si pénible.

Marius Caron c.s.v.Notre frère Marius était un homme humble, simple, bon, jovial, respectueux. Il était un frère ouvert et charmant, religieux passionné de sa communauté. Un homme de tout le monde.

Le frère Marius a été un homme de service. Nous saluons en lui l’éducateur, le catéchiste, l’administrateur, l’animateur liturgique, le directeur apprécié partout, le supérieur provincial, l’économe général, l’économe provincial etc. Ses états de service offrent des pages bien remplies.

Par-dessus tout, le  F. Marius a été un homme disponible, toujours prêt à dire oui pour un besoin de la communauté. Depuis l’annonce de son décès, des témoignages ont afflué de partout qui rappellent la bonté et la riche personnalité de ce confrère.

Le secrétaire général de la Congrégation, le P. André Crozier, le supérieur de la Délégation de France, P. Léon Desbos, l’ancien Supérieur de la Délégation, le P. Pierre Demierre; le P. Jose Mari Legaretta de la province viatorienne d’Espagne; de Rimouski, le P. Adrien Edouard; de l’Abitibi, l’abbé Raymond Martel, vicaire général du diocèse d’Amos, M. Lord, M et Mme Pomerleau, l’Abbé  Martial Barrette,  Mme Monique Laliberté, M. Jean-Marie Lefebvre, M. Jean-Guy Boulet et Mme Solange Perreault, Mme Germaine et M. Rock Riopel; de la Tuque, la cousine Hermance Caron, d’ailleurs au Québec, F. Jean-Luc Fournier (F. Étienne), moine bénédictin, l’abbé Mario Laroche de l’Institut Voluntas Dei, Mme Louise et Camil Morin… tous ont exprimé des paroles remplies d’espérance et de réconfort. Je me permets de vous lire quelques extraits de ces messages :

  • « Je me sens bien proche et en même temps bien loin de vous. Je voudrais tellement être là, avec vous. J’aimais beaucoup notre confrère depuis le temps où nous avions vécu des moments intenses aux chapitres généraux… Son espièglerie, sa malice et ses taquineries vont nous manquer. Elles révélaient un cœur d’enfant, de frère! » P. André Simon Crozier, secrétaire général de la congrégation des Clercs de Saint-Viateur
  • « La Délégation de France se joint à votre prière et à votre espérance pour accompagner notre frère Marius dans sa « pâque » vers le Seigneur.
  • « Pour moi, il était plus qu’un confrère. Notre amitié remonte à l’été 1969 à Rome à l’occasion du chapitre général de l’aggiornamento : il coordonnait de façon magistrale les divers services de secrétariat et de traduction. » P. Léon Desbos, Supérieur de la Délégation de France.
  • « Marius recevra pleinement la VIE car sa vie a été don et amour à la vocation viatorienne. Je rends grâce à Dieu pour sa générosité et l’offrande du meilleur de lui-même » José Maria Legaretta
  • «  Il y a longtemps que j’ai rencontré Marius. Toutefois, j’en garde le meilleur souvenir. Son esprit vif et sa personnalité rayonnante ne s’oublient pas… Comme le disait notre Félix : «  La mort, c’est plein de vie dedans. ». Nul doute que la vie consacrée  aux autres de Marius laissera des traces fécondes. Il n’aura pas travaillé en vain. » Hermance Caron, de la Tuque
  • «  Nous gardons de lui le souvenir d’un homme de foi, d’un homme généreux de lui-même, d’un homme ayant un grand sens de l’accueil, d’un homme mettant ses nombreux talents au service des autres et de l’Église, d’un homme affable et joyeux. Nous gardons particulièrement un heureux souvenir du temps où il était directeur de La Source en même temps que Supérieur provincial en Abitibi. » Raymond Martel, Vicaire général au diocèse d’Amos

Notre frère Marius était un homme de foi. Il portait en lui, comme tout être humain, une aspiration à l’infini et à l’éternité, qu’il a exprimée à travers le chant et les belles célébrations liturgiques.

Aujourd’hui, Marius intègre la grande harmonie dont le chef d’orchestre est le Maître de la beauté, le Dieu de Jésus-Christ. Avec un cœur paisible et confiant, nous voulons remettre Marius entre les douces mains de notre Dieu, dont la Parole nous révèle le visage de bonté et de miséricorde.

Puisse cette célébration développer notre confiance dans la promesse de Dieu que la vie jaillira de la mort et que ceux et celles qui meurent dans le Christ vivront avec Lui pour l’éternité.

Nestor Fils-Aimé, c.s.v.
Supérieur provincial

Homélie

La mort a encore frappé à la porte de notre communauté. Quand on connaît la réalité de notre province viatorienne du Canada, on se passerait bien du départ d’un confrère, encore moins d’un Marius qui faisait partie des soldats toujours au front et qui assumait un rôle des plus importants pour notre communauté en étant supérieur de la Maison Charlebois de Rigaud.

Le départ soudain du F. Marius nous surprend, nous bouleverse, nous questionne et nous attriste. Marius est parti discrètement sans nous faire des adieux officiels et sans faire de bruit.

Ce matin, tandis que nous sommes réunis autour de notre frère, la Parole de Dieu vient nous expliquer les événements que nous vivons depuis mardi dernier, le 12 avril. Elle vient nous rappeler le sens profond de notre itinéraire avec Dieu.

Comme les disciples d’Emmaüs, nous cheminons sans trop comprendre ce qui nous arrive. La peine nous envahit et nous restons accrochés à notre frère, bon vivant, jovial, attentionné, serviable et toujours de bonne humeur.

Tout un monde semble s’écrouler autour de nous. Nous  réalisons combien nous sommes exposés à  la finitude de l’être humain, à sa fragilité et à l’éphémérité de la vie.

Dans la lettre aux Romains, saint Paul nous dit qu’ayant reçu l’Esprit de Dieu, nous ne sommes plus des esclaves. Nous sommes libérés de toute peur, de toute inquiétude, de toute amertume.

La mort devient un passage qui consacre non pas la fin de tout rêve, de toute espérance et de toute vie mais l’avènement d’une nouvelle présence, une nouvelle manière d’être et l’ouverture d’une nouvelle avenue. Nous sommes des « héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ, à condition de souffrir avec lui pour être avec lui dans la gloire »

Les personnes qui ont rencontré Marius ces derniers temps auraient difficilement deviné l’ampleur de sa maladie et de sa souffrance. Quand on lui demandait son état de santé, il s’empressait de répondre que tout allait bien pour vite réorienter la conversation. Jusqu’au bout, il est resté debout et a tenu à dissiper toute inquiétude de ses proches. Il a vécu en plénitude ses 78 ans, un mois et 5 jours.

Quoi qu’il en soit, la mort fait toujours mal. Quand un être qui nous est cher nous quitte, un vide immense se crée que rien d’humain ne peut combler. Seules la foi en Dieu et l’espérance éclairée par sa Parole nous aident à tenir et à cheminer d’un pas assuré vers la gloire promise par sa bonté inépuisable.

Le texte de l’Évangile nous fait entrer dans une attitude de reconnaissance et d’action de grâce pour tout ce que Dieu réalise dans nos vies. La belle vie de Marius colore ce bouquet de louanges au « Père, Seigneur du ciel et de la terre » qui a « révélé aux tout-petits » ce qu’Il a « caché aux sages et aux savants ». Et Jésus nous offre de prendre sur nous  « (son) joug (qui) est facile à porter » et « (son) fardeau (qui est) léger. »

Nous retrouvons  l’idéal poursuivi par notre frère Marius dans son parcours de vie. Nous admirons son grand esprit de foi et son engagement envers Dieu et ses frères et sœurs. Marius était heureux dans sa vocation religieuse parce qu’il était heureux dans sa foi. Il était toujours à la recherche de la volonté de Dieu dans sa vie. 

Sa belle éducation de foi reçue dans sa famille a imprégné toute sa vie. Il nous a édifiés par sa souplesse, sa disponibilité, sa flexibilité à accueillir de nouvelles demandes pour des services communautaires. Encore, il y a quelques mois, il a accepté généreusement d’aller soutenir les confrères en Haïti.

Le 28 août 2014, je lui écrivais ceci : « Le P. Gervais Dumont nous a fait part de l’ouverture avec laquelle tu as reçu notre demande. Tu as manifesté une prompte disponibilité qui nous réjouit grandement et qui t’honore en même temps. La Fondation saura profiter de ton expérience et de tes compétences particulièrement dans le domaine de la gestion de nos finances… Je n’ai aucun doute que ta présence sera un témoignage de la joie de vivre entre frères ainsi que du bonheur de partager une même mission et un même charisme. »

Connaissant bien l’image de ceux et celles qui « peinent sous le poids du fardeau », qui sont fatigués et découragés, il savait par son sens développé de l’humour, égayer sa communauté et les personnes qui le côtoyaient. Sa grande simplicité le rendait accessible et le rapprochait des autres.

Le F. Marius a rempli des fonctions de très grande importance qui exigeaient de lui une grande force  de caractère mais également beaucoup de souplesse, d’ouverture, d’écoute et d’attention aux autres. Ses responsabilités aussi bien dans le monde de l’éducation que dans les sphères de direction de sa communauté ont mis en évidence non seulement ses nombreux talents et son leadership mais aussi son naturel de douceur et d’humilité.

Cher Marius, merci pour le témoignage de ta présence parmi nous toute empreinte de simplicité et de tendresse. Ton appartenance joyeuse à notre famille viatorienne t’a rendu sympathique et facile d’abord. Ton goût pour la liturgie, le beau chant sacré a fait de toi un digne clerc de Saint-Viateur. Tu as été pour nous une étincelle de vie et d’espérance dans la nuit de nos souffrances communautaires.

Merci Seigneur pour ce frère que tu nous as donné et qui nous a permis de goûter à ta tendresse. Toi qui as pris sur toi nos peines et nos souffrances, accueille-le auprès de toi et donne-lui la joie sans fin que tu promets à ceux et celles qui te cherchent et qui t’aiment. Amen.

Nestor Fils-Aimé, c.s.v.
Supérieur provincial

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