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Hommage – Funérailles du Frère Paul André-Hébert, c.s.v.

Dans Homélies, Le religieux par René Pageau c.s.v. le 08/06/2018

PAUL-ANDRÉ HÉBERT (1932 – 2018)

Homélie

À la suite des deux lectures de la Parole de Dieu qu’on vient d’entendre, je sais que déjà vous avez, dans votre cœur, dessiné le profil de la vie de Paul-André qui vient de nous quitter.

Frère Paul-André Hébert, c.s.v.C’est à l’âge de 17 ans, comme le jeune Samuel, après quelques appels, que Paul-André répond : « me voici! », sans trop savoir ce qui l’attendait. Il a osé faire les premiers pas. Le Seigneur l’a pris au sérieux… Il risque l’aventure qui dans son cœur lui est discrètement proposée.

Pendant des années et jusqu’au bout, il a su faire fructifier les talents que Dieu lui avait donnés pour rendre service, oui, pour mieux servir Dieu dans ses confrères, pour mieux servir Dieu dans nos œuvres.

Oui, servir procure la joie d’être un serviteur fidèle. Il y a une promesse du cœur faite à celui qui tiendra jusqu’au bout : « entre dans la joie de ton maître. »

Il nous faut lui être reconnaissants. Il a fait fructifier ses talents pour servir avec fidélité et compétences. Cette fidélité lui était inspirée par sa foi et son expérience qui lui venaient de son milieu familial. Il en témoignait lui-même en parlant de sa famille qui l’a vu grandir…

Paul-André, bon et fidèle serviteur entre dans la joie de ton Maître! Il était rendu au bout de ce qu’il voulait encore généreusement donner. Il tenait depuis des années à la vie par un fil, mais avec quel courage et quelle fierté réussissait-il à tenir les deux bouts… à force d’ingéniosité, de dévouement, de courage et de détermination.

Notre confrère avait du talent. Il a suivi des cours en construction et en architecture pour le préparer à bien remplir les contrats dans le réaménagement de nos résidences ici au Québec, au Manitoba, en Haïti et à Rome. On lui faisait confiance parce que ses compétences acquises avec l’expérience lui donnaient une certaine assurance que nous lui reconnaissions.

En 1964, Paul-André est allé rejoindre l’équipe viatorienne à Taïwan. Il veille à la construction de la chapelle, du pavillon des sciences. Il est aussi professeur des travaux manuels. Mais voilà que les médecins chinois lui recommandent de revenir au Canada pour une intervention chirurgicale à cœur ouvert qui marquera toute sa vie.

Il demeure fragile, mais il retournera à Taïwan pour un court séjour. En 1993-1994, on comptait sur lui pour veiller et suivre la construction de notre résidence… il aura vécu une douzaine d’années à Taïwan.

À son retour définitif, un peu de repos pour se refaire et il sera affecté à la comptabilité du sanctuaire de 1995 jusqu’à maintenant; il aura aussi la responsabilité de suivre les travaux d’entretien, de suggérer les améliorations et d’engager le personnel de la maintenance.

Paul-André avait développé ses méthodes personnelles qui enrichissaient ses compétences dans plusieurs domaines et il avait en plus une mémoire qui surprenait tout le monde. Il avait le sens du devoir, on pouvait en tout temps compter sur lui…

Il sentait la fin depuis quelques semaines en rêvant encore à Taïwan qu’il portait dans son cœur d’autant plus qu’il était demeuré en relation avec plusieurs de ses amis et d’anciens élèves de notre école qui le visitaient encore chaque année.

Quel souvenir garderons-nous de Paul-André? Un confrère qui suivait l’évolution de la famille des Viateurs tout en demeurant très attaché aux siens… Un homme de cœur, d’une grande sensibilité, un homme de service encore en devoir à 81 ans qui sentait d’une façon évidente venir la fin. Il nous disait en souriant : « j’achève! »

Que son âme repose dans la paix auprès de celui qui lui a dit un jour : « Si tu veux, viens suis-moi. » C’est alors qu’il a répondu : « Me voici! » Oui, enfin me voici, c’est ce qu’il aurait dit en fixant le regard de Dieu qui est tout amour et miséricorde.

« Viens bon et fidèle serviteur entre dans la joie de ton maître! » Pendant plusieurs années tu as laissé la grâce de Dieu agir en toi, maintenant après avoir été à son service, laisse-toi envelopper de sa gloire qui n’en finira plus de te révéler son amour…

René Pageau, c.s.v.

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