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Heureux et fier d’être frère !

Dans Burkina Faso, Fasoviat, Le religieux par Jocelyn Dubeau c.s.v. le 16/03/2016

Le 2 février 2016, nous avons souligné à notre paroisse Notre Dame de Fatima à Dassasgho la fin de l’année consacrée à la vie religieuse. Nous étions plus de 8 congrégations lors de la messe et du repas communautaire au niveau du presbytère. Je suis toujours surpris, la majorité des sœurs quand elles me rencontrent me disent mon Père comme si dire mon frère serait péjoratif. Bizarre…

Jocelyn Dubeau c.s.v.Dans mon expérience de 27 ans de vie religieuse, l’appellation frère laïc et frère prêtre a toujours été vécue dans un contexte fraternel et non hiérarchique. Entre nous, Viateurs au Québec et au Burkina Faso, je n’ai pas vécu de distinction frère/père car notre option de base est la vie consacrée.

Je me souviens de ma période à la communauté de la 7ième avenue à Rawdon, j’étais avec le père Chaput et les frères Dubois Gariépy, Brochu. Notre vie communautaire et notre implication au Collège Champagneur étaient alimentées par nos relations fraternelles et notre communion avec la diversité des caractères que nous avions.

Père ou frère, il n’y avait pas de différence… Je me souviens de mon arrivée au Burkina Faso, il y avait le père Provost et les frères Tremblay, Parent et Mondésir. Nous formions communauté sans distinction.

Là où j’ai senti un regard différent entre le frère et le père, c’était dans le regard extérieur. La population âgée du Québec me disait : « Pourquoi tu ne deviens pas père? Tu n’as pas d’ambition. » « On manque de prêtre, pourquoi restes-tu frère? »

Au Burkina, à notre arrivée, être frère était peu connu malgré la présence des Frères de la Sainte famille et des Frères des Ecoles Chrétiennes qui sont dans l’enseignement. Quand, on me voit, on me dit : « mon Père… » Jamais mon frère… sauf après avoir établi un lien entre nous. J’expliquais aux jeunes que j’étais une « sœur garçon » pour faire comprendre la différence du père et du frère.

Il est important de comprendre le rapport entre le laïc et le prêtre pour faire la distinction entre le frère et le père. L’ecclésiologie de Vatican II reconnait à la fois l’importance du prêtre et du laïc. Les uns et les autres sont définis par vocation, en vertu du sacrement du baptême, d’un côté, et de l’ordination, de l’autre, où tous les deux doivent être prophètes, prêtres et rois. Tous ont des responsabilités en ce qui concerne la proclamation de la foi, la célébration des sacrements et le service au projet de Dieu pour le monde.

Bien sûr, il y a des différences entre le sacerdoce des fidèles et le sacerdoce de ministère ordonné. Le premier s’enracine dans le projet de Dieu alors que le second est davantage lié aux moyens mis en œuvre pour structurer le Corps du Christ (Eglise).

Relier les deux ensembles, frère et père, montre l’unité dans le Christ. L’un et l’autre, en effet, chacun selon son mode propre, participe à l’unique sacerdoce du Christ.

On manifeste une réelle complémentarité et coresponsabilité entre tous les membres. Laïc et Clerc sont appelés à la sainteté et ont reçu à titre égal la foi qui introduit dans la justice de Dieu (cf. 2 P 1,1).

Même si certains sont institués pasteurs pour le service des autres, cependant, quant à la dignité et à l’activité commune à tous, les fidèles travaillent à la construction du Royaume de Dieu.

Il règne entre tous une véritable égalité. Frère Laïc et frère Prêtre se trouvent liés les uns aux autres par une communauté de rapports qui suivent l’exemple du Seigneur : être au service les uns des autres et être au service de tous les hommes dans le Monde.

Le pape François continue à présenter cette ecclésiologie proposée lors du concile Vatican II. Les laïcs participent de plus en plus à la mission de l’Église à différents niveaux. Durant l’année consacrée à la vie religieuse, le pape François est revenu sur l’importance de la fraternité évangélique qui doit s’incarner dans une fraternité locale. Il invitait les communautés à consolider et revivifier la fraternité locale. Il a publié un document sur l’identité et la mission du frère religieux dans l’Eglise.

Je suis fier d’être un religieux frère et la fraternité que je vis avec mes confrères Burkinabè m’interpelle à vivre plus profondément ma consécration et mon don total à Dieu.

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