Hommage – Funérailles du Frère Léandre Dugal, c.s.v.

Dans Homélies, Le religieux par Jean-Marc Saint-Jacques c.s.v. le 08/09/2017

Homélie

Léandre ne voulait pas d’homélie, il ne voulait pas d’hommage. Il souhaitait que nous disions quelque chose comme : “Seigneur, j’ai aimé, j’ai beaucoup aimé, j’ai peut-être mal aimé ou encore trop aimé, mais comment oserais-tu me dire cela toi qui a été pleinement amour?”

Léandre Dugal, c.s.v.Léandre a été un éducateur de tous les instants avec les jeunes et les petits, les aimés de Dieu.

En tout temps, il savait nous inviter à voir le beau de la vie, le merveilleux de la communion, le grand de la foi engagée à vivre debout en femmes et hommes porteurs de la dignité des filles et fils de Dieu que nous sommes tous.

Il a su nous aider à marcher sur le chemin du bonheur, celui qu’il a emprunté en toute simplicité pendant des années.

Il a osé nous offrir des expressions simples, mais qui portent en elles des étincelles d’amour, de foi et d’espérance certaine en un monde où la justice et la paix triompheront. Il nous appelait, comme saint Paul, à rendre compte de l’espérance qui nous habite.

Il aimait le beau et savait nous le faire apprécier. À quoi ça sert l’amour d’Edith Piaf et C’est beau la vie de Jean Ferrat ont marqué des générations de jeunes et de moins jeunes. Tout comme le psaume de la Création ou les alléluias de Cohen qui animaient encore sa pédagogie de l’été dernier.

Parmi toutes les expressions annoncées au fil des décennies, mentionnons :

  • Vivre dans l’ordinaire de la vie de tous les jours avec les gens ordinaires, ces privilégiés de Dieu (inspiré de Madeleine Delbrêl).
  • La communauté selon l’évangile (Madeleine Delbrêl).
  • Sourire à la vie.
  • En éducateur, vivre la patience de l’éternité.
  • Mon seigneur et mon Dieu.
  • Contemplons le beau de la vie!
  • Nous ne parlons plus des pauvres, mais de la défense des droits et libertés de ces femmes, de ces hommes, de ces enfants en recherche de leur dignité.
  • Et surtout, la fraîcheur de l’Évangile. 

Rappelons-nous quand il parlait aux jeunes de son Dieu, le Dieu Trine, le Père créateur, le Fils libérateur, l’Esprit qui souffle la transformation de notre monde. Il croyait profondément à l’action de l’Esprit saint dans sa vie.

C’est ce qui lui faisait dire qu’il n’y a d’important que la communion amoureuse, celle des aimants de la vie, celle des espérant en des matins de tendresse, celle des confiants que la vie vaut la peine d’être vécue.

Toute personne qui ose vivre debout et vivre pleinement provoque inévitablement des bouleversements. Jusqu’au bout, il a été fidèle aux siens, écrivant plus de 200 lettres par année à des amis, des consœurs, des confrères, sachant nous inviter à la joie.

C’est pourquoi il a aussi souffert toute sa vie de l’incompréhension de certains des siens. Il ne voulait que porter le message évangélique des Béatitudes, de Matthieu 25, ce que vous avez fait aux plus petits, et de la vie fraternelle et communautaire des Actes des Apôtres 2,42-47.

En éducateur et homme de communauté, il a accepté de relever tant de défis et de répondre à tant de demandes de ses supérieurs.

Mentionnons simplement : la pastorale des vocations, les centres d’accueil, la direction du Sanctuaire de Lourdes, la direction du lac Ouimet, sa présence au chapitre provincial pendant plus de 40 ans, ses nombreuses participations à des chapitres généraux et des assemblées générales, la présidence du comité partage des dons, du comité de la justice sociale, du comité de formation des jeunes religieux, du comité de restructuration des provinces canadiennes, du comité de mise en place de l’association dans la province de Montréal, etc.

Il a aussi été répondant de plusieurs zones des religieux canadiens pendant des décennies comme de zones hors du pays, telle que celle d’Haïti. Il a été supérieur provincial de Montréal et conseiller dans plusieurs conseils…

Encore aujourd’hui il animait deux groupes de Viateurs, en plus de sa communauté locale. Jusqu’à tout récemment, il rencontrait encore bien des gens, il répondait à de nombreux téléphones nous redisant l’importance de tenir malgré l’impression de la disparition de ce que nous avions de plus glorieux comme éducateur engagé au service de la vie….

Il nous laisse en héritage le spv, les Camps de l’Avenir, la communion, la vie à saisir dans son abondance.

Oui, avec lui, redisons :

Joie pour la vie reçue en abondance!
Joie pour la communion amoureuse!
Joie pour les appauvris et les jeunes qui nous appellent à vivre debout!
Joie et Merci!

Jean-Marc St-Jacques, c.s.v.

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