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Funérailles du Frère Pierre Charbonneau – Homélie et témoignages

Dans Homélies par Ludger Mageau c.s.v. le 24/11/2014

Homélie

Nota Bene – Textes liturgiques en bas de page.

Dans la première lecture, une parole d’espérance : Moi, Jean, j’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre avaient disparu. Notre frère Pierre Charbonneau n’aurait-il pas déjà eu la même vision que l’apôtre Jean : Un ciel nouveau et une terre nouvelle?

Pierre Charbonneau c.s.v.Pierre fut un écologiste avant l’heure de la popularité de ce mot. Pendant quatorze ans, le jeune religieux et professeur de la 4e année à la 9e année, à Saint-Louis-de-Gonzague ou à Montréal, se lançait avec ardeur à la récupération de papier et des timbres.

À Taïwan, au collège Weitao, le professeur de la langue anglaise ou le directeur du pensionnat qu’il fut, réussit assez rapidement à devenir responsable de l’entretien et de l’embellissement de ce grand campus scolaire.

Notre confrère est conscient du défi majeur de notre planète : le développement durable. Les ressources naturelles ne sont pas sans limite. Aussi intéresse-t-il à cette cause : employés, professeurs, parents et étudiants. Nombreux sont ceux qui s’engagent à la suite de ce leader. Avec l’énergie que vous connaissez à cet apôtre, vous devinez que son projet a pris des proportions gigantesques. Tout cela pour un ciel nouveau et une terre nouvelle.

Au-delà de la partie pécuniaire, regardons les motivations profondes qui animaient toute la vie religieuse et missionnaire de cet éducateur. Ainsi, il écrivait en entrant au noviciat de Rigaud en 1947 : Depuis longtemps je songe à devenir Clerc de Saint-Viateur afin de me sanctifier davantage et de semer le bien autour de moi.

Il a fait des semis à la volée, particulièrement en priant et en combattant la pauvreté, tant à Taïwan qu’en Haïti et au Pérou. Il amasse des sommes importantes. Avec l’autorisation des supérieurs, il les distribue afin d’enrayer la misère, particulièrement chez les jeunes et leurs familles. Vous vous imaginez facilement que pour manipuler des tonnes de papier, Pierre a du mettre le tablier plus souvent qu’à son tour.

Il était aussi un homme de prière; il a fréquenté la Parole de Dieu pendant toute sa vie. Certainement, il vécut profondément cette belle page de l’évangile de Mathieu que nous venons de proclamer : Je vous le dis chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères et de mes sœurs, c’est à moi que vous l’avez fait. J’avais faim, j’avais soif, j’étais malade…, et vous êtes venus jusqu’à moi.

Dans cette Eucharistie, rendons grâce à ce Dieu qui s’est révélé à travers les pauvres à notre frère Pierre. Avec la famille du frère Charbonneau et en communion entre nous, religieux, rendons grâce, car ce ciel nouveau et cette terre nouvelle sont, aujourd’hui, objets de notre espérance.

Ludger Mageau, c.s.v.
Outremont, le 19 novembre 2014

Témoignages

De nombreux témoignages d’anciens professeurs et élèves de l’école de Weitao ont été envoyés de Taïwan. M. et Mme Yvon Faille, amis de Pierre, ont lu et traduit quelques témoignages de sympathie et de reconnaissance. Pierre Charbonneau a été apprécié et aimé à Taïwan. Nous présentons deux traductions de messages reçus de l’école de Weitao où Pierre Charbonneau a œuvré pendant 47 ans.

Association des Anciens du Collège Viateur de Taïwan

Lettre à notre bien-aimé Frère Pierre Charbonneau

Frère Charbonneau, actuellement on est assuré que tu es au Paradis, parce que quand on s’est quitté, tu nous disais toujours : « La prochaine fois qu’on se rencontrera, ce sera au Paradis ». Quand le frère Bureau nous a annoncé que Jésus était venu te chercher, nous, tes enfants de Taïwan, nous ne voulions pas accepter cette situation car nous étions trop tristes. Mais nous nous sommes consolés en pensant que tu avais rejoint notre Père.

Est-ce que tu réalises que des milliers d’étudiants prient pour toi. À l’école, beaucoup de personnes te font revivre dans leurs pensées. Plusieurs se remémorent ton sourire et ta grosse voix, ton spectacle à Noël, quand tu organisais le bingo jusqu’à minuit. On n’oubliera jamais les travaux communautaires avec toi et les temps passés avec toi en faisant du recyclage. Et tout cela nous apprenait l’entraide et la collaboration.

Plusieurs se souviennent lorsque tu leur apprenais à jouer au ballon-captif et au Mississippi, sans oublier tes collections de timbres et la confection de statues en plâtre.

D’autres se souviennent le soir quand tu leur souhaitais « bonne nuit » avant d’éteindre les lumières.

Même nous étions honorés quand tu nous punissais, on le souhaitait même parfois.

Toutes tes actions remplissent notre mémoire.

Ton meilleur ami, Jang She Ming, nous rappelle de ne pas être triste que tu nous as quitté, mais d’essayer de t’imiter. Nous savons que c’était ton désir.

Frère Charbonneau, le Centre des Dons de Sang te remercie de ta grande générosité, car tu es le seul qui a donné du sang 152 fois. Beaucoup de Taïwanais ont en eux du Charbonneau, tu continues de vivre en eux à Taïwan. Et tu es le seul étranger à être photographié avec le président de Taïwan.

Frère Charbonneau, tu nous as quittés pour le repos éternel, et un de tes anciens élèves, journaliste, a publié : « Stone », le vieux frère est parti après avoir vécu 47 ans avec nous.

On sait que ton désir était de revenir à Taïwan. Il y a 3 ans, tu nous l’as écrit : « Mon esprit et mon cœur sont encore à Taïwan ».

Aujourd’hui des milliers d’anciens et d’actuels étudiants du Collège Viateur, nous voulons t’exprimer nos remerciements. Ton esprit et ton cœur vivent toujours dans nos cœurs.

Ton souvenir se perpétuera toujours à Taïwan.

Au revoir et à la prochaine au Paradis.

Autres témoignages

Ta vie de travail, un modèle pour la jeunesse.

Tu as aidé et éclairé beaucoup de personnes.

Ton dévouement et ton partage sont des sources d’inspirations pour nous tous.

Nous sommes assurés que là où tu es, tu as trouvé la récompense de toute ta vie.

Tu es un modèle de bonté et de travail, tu nous fais réaliser que dans la vie on doit s’entraider et toujours donner au suivant.

Merci de ta présence parmi nous et continue de vivre en paix avec le Christ.

Tu vivras éternellement avec nous à Taïwan.

Textes liturgiques

Textes liturgiques © AELF, Paris

Apocalypse 21.1-5a.6b-7

Alors j’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre s’en étaient allés et, de mer, il n’y en a plus.

Et la Ville sainte, la Jérusalem nouvelle, je l’ai vue qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu, prête pour les noces, comme une épouse parée pour son mari. Et j’entendis une voix forte qui venait du Trône.

Elle disait : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes; il demeurera avec eux, et ils seront ses peuples, et lui-même, Dieu avec eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur : ce qui était en premier s’en est allé. »

Alors celui qui siégeait sur le Trône déclara : « Voici que je fais toutes choses nouvelles. » (…) À celui qui a soif, moi, je donnerai l’eau de la source de vie, gratuitement. Tel sera l’héritage du vainqueur; je serai son Dieu, et lui sera mon fils.

Mt 25,31-40

« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siègera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs : il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.

Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli; j’étais nu, et vous m’avez habillé; j’étais malade, et vous m’avez visité; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi!”

Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu…? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli? tu étais nu, et nous t’avons habillé? tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi?”

Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.”!

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