Habiter dans la confiance

Abbaye bénédictine d’En-CalcatC’est sous ce thème qui rappelle les objectifs de notre province canadienne que les Viateurs de France (religieux et associés) ont vécu leur retraite annuelle du 21 au 25 octobre à l’abbaye bénédictine d’En-Calcat, dans la commune de Dourgne, diocèse d’Albi dans le département du Tarn (Sud-Ouest de la France).

J’ai eu le bonheur d’animer ce temps de réflexion et de prière dont le thème a été formulé à partir du psaume 4.

Nestor Fils-Aimé, CSVLes paroles de ce psaume m’ont interpellé. Les psaumes marchent avec notre vie de tous les jours. Ils s’incrustent dans notre histoire. J’aime leur spontanéité, leur authenticité, leur vérité nette et crue.

Ils sont un dialogue constant entre l’être humain et son Dieu. J’ai trouvé que ce psaume, attribué à un homme juste aux prises à une forte opposition de ceux qui ne veulent pas reconnaître la primauté de Dieu, correspondait à la situation qui est celle de notre communauté aujourd’hui.

Cette prière a apaisé le psalmiste comme le baiser d’une mère à son enfant qui s’agite lors d’un cauchemar en pleine nuit. Elle s’achève sous une note d’espérance et de confiance :

« Dans la paix moi aussi, je me couche et je dors, car tu me donnes d’habiter, Seigneur, seul, dans la confiance. » Ps 4,9

Le Supérieur provincial de France, le père Pierre Demierre m’avait demandé de tenir compte des décisions et priorités du dernier chapitre général pour soutenir la méditation et la réflexion.

Aussi ai-je développé le thème de la retraite suivant cinq aspects correspondant à chacun des jours :

  • Habiter ensemble dans la confiance
  • Habiter dans la confiance pour découvrir la braise sous la cendre
  • Habiter dans la confiance pour être des témoins solidaires et joyeux
  • Habiter dans la confiance pour sortir vers les périphéries
  • Habiter dans la confiance pour marcher sur le chemin de la communion

Ces dimensions nous ont fait cheminer à travers notre réalité communautaire. La fragilité est regardée non pas seulement comme une faiblesse, mais aussi comme une richesse. Cela nous a amenés à formuler la béatitude des Viateurs :

« Heureux les Viateurs qui se savent fragiles; le Seigneur mettra sa force dans la leur et ils se tiendront debout! »

Nous avons visité tant de textes bibliques qui nous ont questionnés sur notre manière de répondre individuellement et communautairement à notre mission d’attiser la braise sous les couches de cendre de notre Église et de notre communauté.

  • Être témoins à la manière des premiers chrétiens (Ac 2,42-47) en vivant les quatre fidélités de la première communauté chrétienne :
    • Écoute de l’enseignement des Apôtres
    • Communion fraternelle
    • Partage du pain eucharistique
    • Participation aux prières
  • Suivre l’exemple du Samaritain en acceptant qu’aimer nos sœurs et frères ne soit pas un choix, mais une mission et que la priorité doive être à l’amour et non aux règles (Lc 10,29-37)
  • Vivre une spiritualité incarnée qui nous pousse à revisiter la qualité de nos relations avec Dieu, nous-mêmes, la création et les autres humains (Encyclique Laudato Si)
  • Se mettre à l’école de la Miséricorde et éviter d’être atteints du syndrome de Jonas et du fils aîné. Jonas s’est mis en colère contre Dieu qui a eu pitié des habitants de Ninive. Il a voulu mettre une limite à la bonté de Dieu (Jonas 4,1-11). Le fils aîné est fâché contre son père qui fait bon accueil à son frère retrouvé après la longue errance de ce dernier. (Lc 15,11-32)

Nous avons quitté l’abbaye en prenant conscience que l’amour n’a pas d’horizon et que tout Viateur doit se sentir en communion avec ses frères et sœurs, peu importe l’endroit dans le monde où nous nous trouvons.

Les 32 retraitants que nous étions avons vécu un moment de grâce en ce lieu qui invite à la prière et au recueillement. Participer aux offices et à l’eucharistie quotidienne avec les moines nous a donné le goût de rester plus longtemps encore sur le Thabor. Mais chacun a dû retourner sur les chemins du monde après le repas du midi du vendredi 25 octobre.

Ce fut une belle semaine à revivre.

Nestor Fils-Aimé, CSV
Supérieur provincial

Source :
Bulletin d’information – Octobre 2019 – No 223 (PDF).

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