Je suis Haïti !

Je suis Haïti !

Les mordus des réseaux sociaux sont familiers de ce slogan devenu viral depuis l’attentat perpétré contre le journal satirique Charlie Hebdo à Paris le 7 janvier 2015.

C’est Joachim Roncin, un graphiste français qui lancera la première photo du slogan sur tweeter moins de deux heures après le début de cet attentat odieux ayant coûté la vie à douze personnes et fait autant de blessés.

Je suis Charlie

Expression plurivoque, qui traduisait plusieurs sentiments :

  • Je m’identifie à la cause du journal qui, par ses dessins et son humour parfois démesurés et sans ménagement, s’est attiré la foudre de certains groupes sociaux et a secoué des colonnes qui se voulaient intouchables.
  • Je me sens atteint par ce déferlement de violence résultant de la haine.
  • J’assume la lutte, je l’endosse, je la poursuivrai. Certains préfèrent le verbe « suivre » au verbe « être ».

La crise que traverse Haïti aujourd’hui s’inscrit dans ce mouvement de solidarité qui demande d’embrasser la cause de ce peuple qui a trop souffert.

Je suis Haïti

Expression inclusive. Un « Je » qui est « Nous ».

Un « Nous » qui a du cœur au ventre et qui défend la dignité humaine.

Un « Nous » qui sait être empathique et non allergique à la cause des pauvres.

Un pauvre crie, le Seigneur entend. Il le sauve de toutes ses angoisses (Ps 33,7).

Trop longtemps cette situation de crise perdure. Elle est alimentée, tolérée et instrumentalisée par les uns et par les autres. Elle est endémique et entretenue à souhait pour le plaisir d’une minorité sans âme qui mène un train de vie soulevant la honte dans un pays crucifié par la misère.

Personne au monde n’accepterait de vivre sans espoir d’un mieux-être.

Imaginez vivre avec moins de trois dollars par jour, voir le coût de la vie grimper de façon exponentielle, avoir trente ans et n’avoir jamais eu accès à un emploi de toute sa vie, voir mourir devant ses yeux un proche, faute de soins sanitaires, se voir imposer ses gouvernants par d’autres, voir la déliquescence de toutes les institutions, connaître une instabilité chronique, être dirigés par un petit groupe de mafieux, incompétents, corrompus, mêlés au trafic de drogue, etc.

Certains décrient la soi-disant barbarie du peuple qui détruit tout sur son passage. D’autres en appellent à un gentil dialogue avec les bourreaux, ceux-là mêmes qui font venir des mercenaires d’Europe, des États-Unis pour combattre leur propre peuple.

Enfin, la majorité de la population crie au tabula rasa et demande que ce système honni de corruption généralisée, d’incurie, de favoritisme soit remplacé totalement.

La vraie violence est silencieuse et pernicieuse. Elle est celle …

  • … de tous ceux-là qui maintiennent la population dans cette situation abjecte.
  • … de tous ceux qui se la coulent douce de manière scandaleuse quand la majorité croupit dans la misère.
  • … de tous ces dirigeants rapaces et grippe-sous.
  • … de tous ces donneurs de leçons de civilisation au ventre rempli.
  • … de ces « analystes » de tout acabit qui apportent des conclusions à partir de leurs chapelles.
  • … de ces politiciens véreux et racailles qui ne savent que tuer le rêve et l’avenir d’un peuple.

Je suis Haïti …

  • … et je suis ce mVisage aux couleurs d'Haïtionde solidaire des luttes pour la dignité, la justice et la paix.
  • … parce que je suis enfant de Dieu créé pour la vie.
  • … parce que je crois au Dieu de la libération.

Chers Viateurs,
Soyons Haïti! Suivons Haïti

Nestor Fils-Aimé, c.s.v
Supérieur provincial

Source :
Bulletin d’information – Février 2019 – No 218 (PDF).

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