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Étienne Champagneur : de sa jeunesse à ses débuts comme enseignant

Dans Courrier Querbes, Profil historique par Bruno Hébert c.s.v. le 31/03/2014

Sa vie cachée

Père Champagneur« Les trente-six premières années de la vie du P. Étienne Champagneur, que l’on pourrait justement appeler sa vie cachée, échappe à nos investigations. » Voilà ce qu’écrivait en 1943 le F. Antoine Bernard au début de sa biographie de notre fondateur au Canada.

Dans les années 2000, notre archiviste d’alors, Robert Hémond, prend la balle au bond et n’en reste pas là. Il pousse son enquête sur les lieux même qu’a pu habiter notre fondateur dans sa jeunesse, non loin de Rodez, histoire d’en apprendre davantage.

À force de recoller des bribes d’informations cueillies ça et là, il a pu nous gratifier d’une biographie complémentaire parue aux Éditions Maxime en 2006. Retenons-en quelques éléments.

Sa famille

Étienne Champagneur est né à Recoules-Prévinquilière le 8 août 1808 du mariage de Julien Champagneur, originaire du village de Cassenholes, et de Marie-Anne Colon, de Recoules même, commune située à 31 km à l’ouest de Rodez.

Il est fils cadet d’une famille de huit enfants – six garçons, deux filles. Ce sont, dans l’ordre : Pierre-Laurent, prêtre; Joseph, cultivateur; Joachin, prêtre; Marie-Anne, épouse Caplat; Philippe, médecin; Étienne, prêtre, ainsi que Rosalie, épouse Valentin.

Sa jeunesse à la ferme

La famille vit d’élevage et de culture dans les hauteurs d’une région réputée ingrate. Probable qu’Étienne, le p’tit dernier, a connu jeune les travaux de la ferme se substituant à ses frères engagés dans les études. On sait que notre fondateur au Canada ne manquait pas de ressources du côté des travaux manuels.

Sa mère était analphabète, mais elle avait un de ses frères prêtre et un oncle aussi, ce qui a pu faciliter les choses concernant les études des garçons.

N’oublions pas qu’en ces années du Premier Empire et de la Restauration, la campagne profonde se relevait à peine des malheurs de la Révolution qui, dans l’Aveyron, n’avaient pas épargné moins de monde qu’ailleurs. Le diocèse de Rodez, profondément déstabilisé, ne retrouvera son aplomb qu’en 1823.

Ses études

Quoi qu’il en soit, nous savons parce qu’il l’a écrit dans les Annales dont il était le rédacteur au Canada, qu’Étienne Champagneur a fait des études « dans de bons collèges » avant d’entrer au grand Séminaire. Il semble que c’est par crainte de ne pas être à la hauteur qu’il a reculé au bout de deux ans devant l’appel au sacerdoce.

Quant à savoir de quels collèges il s’agit, nous n’en sommes qu’à des suppositions. Il existait deux bons collèges dans la région, Belmont et Saint-Affrique; on présume que ce put être de ceux-là. Quant au grand Séminaire, il est probable qu’il s’est joint à celui de Rodez, opérationnel depuis 1806 malgré les difficultés.

Ses débuts comme enseignant

Ses études terminées, on le retrouve à Vézin de Lévézou dans le voisinage de son frère médecin où il s’installe et se consacre à l’enseignement des jeunes du secondaire. L’aventure dure six ans. Comment a-t-il pu connaître les clercs paroissiaux du P. Querbes? Ce dernier, dont les racines du côté paternel sont aveyronnaises, s’est fait connaître dans la région autour de 1840 et la formule de sa société d’instituteurs intéressait beaucoup les curés.

On a dit du bien de lui. C’est sans doute ce qui explique qu’Étienne ait été informé et que le 3 novembre 1844, on le retrouve à 36 ans chez le P. Querbes, accompagné de deux recrues de son coin de pays.

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