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Louis Querbes, éducateur

Dans Courrier Querbes, Profil historique par Léo Bonneville c.s.v. le 28/06/2014

Une des préoccupations de Louis Querbes à son arrivée à Vourles est l’éducation des jeunes. D’abord les filles. Il est rassuré grâce au service des religieuses de Saint-Charles. Pour les garçons, il va frapper à la porte des frères maristes. Malheureusement, la communauté est trop jeune pour fournir des éducateurs.

Besoin de personnes dévouées

Louis Querbes

Louis Querbes, encre de Bernard Tougas c.s.v.

On a vu, dans le premier Courrier, le P. Querbes donner des cours à deux jeunes gens. C’est en les voyant à l’œuvre que son projet a pris de la consistance. Il s’est rendu compte que ses confrères prêtres pourraient bénéficier de personnes dévouées à l’éducation comme à la paroisse. C’est alors qu’il a pensé créer une maison de formation. C’est essentiel.

En fait, il s’agit d’un petit séminaire où seront admis pour deux ou trois ans des jeunes gens de quinze à dix-huit ans. Cette formation prépare le brevet de deuxième degré. Le projet ayant mûri. Il faut le peaufiner avant de l’adresser à l’évêque.

Il importe de former une école normale qui fournira une pépinière de maîtres des écoles paroissiales. De plus, cette maison servira de lieu de réunions, particulièrement pendant les courtes vacances de l’été.

Une association, une maison d’éducation

Quelles sont donc les intentions de Louis Querbes? Il va s’en ouvrir à l’abbé de La Chapelle, conseiller d’État. Il désire « arracher à la misère et à l’avilissement et par conséquent aux vues basses et intéressées une foule d’hommes mariés ou célibataires, qui exercent les fonctions si méprisées et pourtant si belles d’instituteurs des enfants du peuple, d’élever leur enseignement primaire au degré de celui des frères en présentant avec l’instruction religieuse, les connaissances qu’exigent les besoins de la société. »

C’est alors que Louis Querbes se met à poser les statuts d’une association charitable. Puis il s’empresse de les adresser au ministre des affaires ecclésiastiques avant de rejoindre le ministre de l’Instruction publique. Ces démarches accomplies, Louis Querbes va de l’avant. Il n’hésite pas à lancer un prospectus pour annoncer l’ouverture d’une maison d’éducation le 1er mars 1829. Cet établissement pourra devenir l’école d’application pour les futurs catéchistes.

Les vertus du catéchiste

Pour la formation des catéchistes, Louis Querbes établit un ordo qui compose la journée : lever à une heure réglée, exercices religieux, lecture de piété… D’autre part, il insiste sur les vertus des catéchistes : une foi vive et éclairée, un zèle ardent et désintéressé, l’humilité, la pureté, l’amour du travail, de la retraite et du silence.

Il invite les jeunes d’ouvrir leurs peines à leurs supérieurs. « Rien n’attire plus le cœur que la confiance. » Et il ajoute : « Ayez recours dans vos doutes à votre confesseur. » Il se garde bien de créer de petits savants, il cherche plutôt à préparer des chrétiens vertueux.

La bienveillance du P. Querbes

Est-il nécessaire de signaler que la fondation d’une communauté religieuse exige un travail onéreux? Est-ce cela qui retarde le supérieur à répondre aux lettres qui lui sont adressées? Pourtant ce n’est pas la plume qui lui fait défaut. Il a une facilité et un talent heureux pour la correspondance. Alors pourquoi ce silence? Les confrères attendent des réponses sans écho.

D’autant plus que le Directoire prévoit « qu’on écrive au supérieur tous les trois mois. » Et le Père supérieur répond enfin à son sujet : « Quelques mots, mon cher enfant, de votre compte de conscience dans une prochaine lettre. » Et à un autre confrère : « À cette circulaire, mon cher enfant, je n’ai à ajouter que la recommandation de m’envoyer bientôt des nouvelles de votre santé, de votre intérieur, de vos occupations et de vos rapports avec les diverses personnes avec qui vous avez à traiter. »

Il faut reconnaître que le P. Querbes est un homme seul. Il n’a pas de secrétaire. Toutefois le ton de ses réponses traduit une attention paternelle. C’est ce que peut affirmer un confrère avec bienfaillance. « Il nous écoutait avec patience et recueillait vos confidences, souffrait de vos peines, s’identifiait à vos malheurs et il cherchait et souvent il trouvait le remède au mal. »

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