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La douceur : fruit du mois de mai

Dans Bulletin d'information, Viateur par Nestor Fils-Aimé c.s.v. le 31/05/2016

En ce mois de mai qui achève, l’Esprit nous a nourris du fruit de la douceur. C’est un beau mariage de raison tant le mois de mai est celui où est exprimée la douceur sous diverses formes et dans des dimensions très variées.

Mai, c’est le mois où la température est plus douce dans certains coins de la planète; c’est le mois consacré à Marie, notre Mère, celle qui est l’expression parfaite de la douceur et de la tendresse pour tous ses enfants; c’est le mois où sont célébrées toutes les mamans, figures par excellence de la douceur dans nos familles et dans la vie.

Comme tous les fruits de l’Esprit, la douceur s’origine en Dieu et incline toutes les personnes qui s’en imprègnent à être des rayons de joie, de vie et de bonheur autour d’elles.

La douceur : une vertu mal traitée

Parler de la douceur aujourd’hui n’a pas la cote dans nos sociétés où la force est reine et où tout acte qui vise la paix et l’harmonie est souvent associé à de la faiblesse, de la pleuterie même. Être doux serait synonyme de « être lâche et peureux ».

J’ai déjà vu des jeunes un peu plus réservés et moins explosifs que les autres se faire traiter de « moumounes » ou être intimidés parce qu’ils n’adhèrent pas à la violence verbale et/ou physique ambiante. Dans ce cadre-là, la douceur symboliserait la passivité, l’absence de personnalité et l’incapacité de se tenir debout. Elle est ainsi une vertu mal traitée parce qu’elle est mal perçue.

Dieu, le Père de douceur

GraminéeDans la Bible, les grandes manifestations de Dieu se font dans la douceur et non avec force et fracas. Notre Dieu n’agit pas dans l’extravagance.

C’est dans une brise légère qu’Il se révèle à Élie (1 R 19,11-12).

C’est dans la douceur et avec le plus grand respect qu’il s’adresse à son peuple :

« Écoute, je t’adjure, ô mon peuple, vas-tu m’écouter, Israël? …. Ah! Si mon peuple m’écoutait, Israël, s’il allait sur mes chemins! » Ps 80 (81).

C’est avec la douceur et la tendresse d’une mère qu’Il prend soin de Jérusalem et de nous tous :

« Voici que je dirige vers elle, la paix comme un fleuve et, comme un torrent qui déborde, la gloire des nations… Vous serez nourris, portés sur la hanche; vous serez choyés sur ses genoux. Comme un enfant que sa mère console, ainsi, je vous consolerai. Oui, dans Jérusalem, vous serez consolés. » Is 66,10-14.

L’image d’un Dieu puissant qui écrase sa créature est incompatible avec l’expérience de douceur et de bonté que chacun de nous vit avec Lui. En l’envisageant comme une mère, nous comprenons mieux sa douceur et sa tendresse. Ne devrait-on pas davantage Le prier comme Notre Père et notre Mère qui est aux cieux?

Doux comme le Christ

Jésus nous présente sa carte d’identité dans laquelle est apposée son empreinte marquée de la douceur :

« Heureux les doux car ils auront la terre en héritage » Mt 5,5.

Une proclamation qui rompt radicalement avec la logique humaine de la conquête par la force et par la guerre. « Si vis pacem, para bellum », dit-on. La paix ne s’obtiendrait qu’au prix de la guerre. Ce discours est à l’antipode de la quatrième béatitude proclamée par le Christ.

Plus encore, Jésus lui-même se donne en exemple et nous incite à nous inscrire à son école. Sa douceur et son humilité sont présentées comme gage de soulagement du poids de nos fardeaux et de nos souffrances.

« Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai. Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes » Mt 11,28-30.

Cette douceur du Christ a été son arme contre toutes les formes de violence auxquelles il a dû faire face au cours de sa vie terrestre.

Vivre avec l’Esprit de douceur

Pour nous Viateurs et hommes et femmes de bonne volonté, un appel constant nous est lancé : Vivre avec l’Esprit de douceur.

L’Esprit de Dieu nous habite tous et nous fait communier à la douceur du Père et du Fils. Cette communion doit se vivre dans notre quotidien à travers nos liens avec nos frères et sœurs.

Dans son Épître aux Éphésiens, saint Paul définit le mode de relation qui doit unir les chrétiens. La douceur situe les rapports que les disciples du Christ doivent entretenir entre eux :

« Je vous exhorte donc, moi le prisonnier dans le Seigneur, à mener une vie digne de l’appel que vous avez reçu : en toute humilité, douceur et patience, supportez-vous les uns les autres avec charité; appliquez-vous à conserver l’unité de l’Esprit par ce lien qu’est la paix. » Ép 4,1-3.

La douceur est le chemin de la modération, de la sublimation et de la paix. L’apôtre exhorte ses frères et sœurs à cette douceur en vue de l’accueil du Seigneur.

« Que votre modération (douceur) soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. » Ph 4,5.

La douceur : un chemin à parcourir

Et si la douceur était au cœur de notre vie communautaire? Ne serions-nous pas plus heureux, plus joyeux, plus ouverts aux autres, plus attentifs à ce qu’ils sont et ce qu’ils vivent, moins sévères dans nos jugements, plus miséricordieux, moins hautains, plus simples et plus proches les uns des autres?

Viateurs, mettons-nous vraiment à l’école de Celui qui est doux et humble de cœur pour qu’Il nous convertisse!

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