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Hommage – Funérailles du F. Maurice Marcotte, c.s.v.

Dans Homélies, Le religieux par Jacques Berthelet c.s.v. le 29/05/2015

Maison provinciale des CSV du Canada
Le 9 mai 2015

Rm 8,14-17
Mt 11,25-28

Mes frères, mes sœurs,

Maurice Marcotte CSVMaurice Marcotte, notre frère, fait partie de ces petits pour lesquels Jésus loue son Père : « ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits » – non pas aux petits enfants mais tout simplement aux petits : à eux est révélé le mystère du Royaume de Dieu, le Royaume du Père et du Fils; non pas les petits dans un sens négatif, diminutif, mais les humbles, les chercheurs de Dieu, ceux qui ont conscience qu’ils ne le connaissent ni ne l’aiment assez.

Les petits dont Jésus disait : ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. Les petits, ceux qu’il veut voir venir jusqu’à lui : Sinite parvulos venire ad me – Laissez les petits venir jusqu’à moi.

À l’occasion de l’année de la vie consacrée, dans la deuxième lettre que la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée nous a fait parvenir, le Préfet de cette Congrégation, reprenant des paroles du Pape Benoît XVI et du Pape François, nous parle du signe du petit. Le règne de Dieu se manifeste parmi nous dans le signe du petit.

Dans une de ses dernières interventions publiques, le 2 février 2013, journée mondiale de la vie consacrée, le Pape Benoît XVI qui allait renoncer à sa charge pontificale quelques jours plus tard, dit ceci aux religieux :

Je vous invite à voir une foi qui sache reconnaître la sagesse dans la faiblesse. Dans les joies et les afflictions du temps présent, quand la dureté et le poids de la croix se font sentir, ne doutez pas que la kénose – l’abaissement – du Christ est déjà victoire pascale. C’est justement dans les limites et la faiblesse humaine que nous sommes appelés à vivre en conformité avec le Christ dans une tension totalisante qui anticipe, dans la mesure du possible dans le temps, la perfection évangélique (VC 16). Dans la société de l’efficience et du succès, votre vie caractérisée par la « petitesse » et par la faiblesse des petits, par l’empathie avec ceux qui sont sans voix, devient un signe de contradiction évangélique.

Voilà ce qu’a vécu en profondeur durant près de 70 ans de vie religieuse, notre frère, Maurice Marcotte. Il a vécu cette simplicité volontaire, cette pauvreté des pauvres de Yahvé, cette charité exquise des humbles dans toutes les situations de vie et d’apostolat qu’il lui fut donné de vivre, dans ses dialogues et ses discussions passionnées, dans la minutie, le détail et la luminosité de ses dessins, dans l’authenticité, l’empathie et le professionnalisme qui l’inspirait dans l’accompagnement des jeunes, dans sa prière confiante et assidue, dans sa solidarité sans faille avec sa Congrégation, et à travers tous cela, dans son admiration pour le Père Querbes et ses efforts pour toujours le mieux connaître et le faire connaître.

Comme saint Paul nous y exhorte dans sa lettre aux Romains, notre frère Maurice s’est laissé conduire par l’Esprit, l’Esprit qui fait de nous des fils. Commentant un passage de l’épître saint Paul aux Romains, le Pape François écrivait dans son Exhortation sur la Joie de l’Évangile :

« Pour maintenir l’ardeur missionnaire, il faut une confiance ferme en l’Esprit-Saint, car c’est lui qui vient au secours de notre faiblesse (…) Il n’y a pas de plus grande liberté que de se laisser guider par l’Esprit, en renonçant à vouloir calculer et tout contrôler, et de permettre à l’Esprit de nous éclairer, de nous guider, de nous orienter, et de nous conduire là où il veut. » (EG, n.80).

En cela nous pouvons dire que Maurice a été un homme spirituel, un homme de l’Esprit, un homme libre. C’est ce qui l’a poussé à faire sa recherche sur la spiritualité du Père Querbes et à vouloir adopter les vertus que recommandait le Père Querbes.

Plusieurs confrères n’ont pas hésité à parler de Maurice comme d’un saint. Il ne faut pas s’en étonner puisque le Concile Vatican II, dans sa constitution sur l’Église, a consacré un chapitre entier à l’appel universel à la sainteté et a voulu illustrer cet appel dans un autre chapitre sur la vie religieuse.

Dans ses études sur le Père Querbes, Frère Maurice Marcotte a mis en relief la priorité que notre Fondateur a donnée au ministère de catéchiste. Maurice a été un catéchiste dans le sens inclusif et très riche que lui donne le Directoire général pour la catéchèse.

La catéchèse n’est pas seulement un enseignement sur les vérités de la foi, elle est un apprentissage de la foi et c’est en cela que Maurice a été, tout au long de sa vie et dans les diverses missions qui lui ont été confiées, un catéchiste au vrai sens du mot, ce qui implique un apprentissage de la foi vécue, de la vie liturgique, des valeurs morales, de la vie communautaire, du sens missionnaire.

Dans la longue lignée des fils du Père Querbes, Frère Maurice Marcotte s’inscrit désormais et pour toujours comme un exemple et un modèle dans l’effort que nous sommes appelés à faire pour un renouveau authentique de notre vie religieuse et une inspiration pour les membres de sa grande famille, ses anciens élèves et ses amis.

Que cette Eucharistie, où nous louons le Père avec les paroles que son fils nous a laissées, nous introduise plus avant dans la communion des saints. Amen.

+Jacques Berthelet c.s.v.

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