Pourquoi chanter quand il y a tant à faire?

Louise Forestier lançait cette question dans une des chansons populaires à la fin du vingtième siècle. Je ne sais trop pourquoi, c’est ce refrain qui me revient en tête ces jours-ci.

Église - Noël

Quand nous regardons notre monde, notre Église et notre communauté, il semble que les défis sont insurmontables pour vivre selon l’idéal que nous a proposé le Christ.

Et nous ne pouvons pas ne pas « ouvrir les yeux pour reconnaître la souffrance qui nous entoure et nous traverse. » Il y a tant à faire, tellement que nous sommes tentés de démissionner et de fuir dans le rêve.

Dans les conclusions du dernier synode, on ne retrouve pas de réponses à cet appel. Mais, le pape revient continuellement sur l’approche synodale qui peut se vivre dans notre manière de vivre au quotidien.

« La synodalité est la marche commune des chrétiens avec le Christ et vers le Royaume de Dieu, en union avec toute l’humanité; orientée vers la mission, elle implique (…) l’écoute réciproque, le dialogue, le discernement communautaire… »

Il affirme que la « spiritualité synodale requiert l’écoute de la Parole de Dieu, la contemplation, le silence et la conversion du cœur. »

Dans notre contexte actuel mondial des questionnements posés devant l’immigration massive dans plusieurs pays, le pape indique :

« L’ouverture au monde nous permet de découvrir que dans chaque recoin de la planète, dans chaque culture et dans chaque groupe humain, l’Esprit a semé les graines de l’Évangile. Elles portent fruit dans la capacité à vivre des relations saines, à cultiver la confiance réciproque et le pardon, à vaincre la peur de la différence et à donner vie à des communautés accueillantes, à promouvoir une économie attentive aux personnes et à la planète, à se réconcilier après un conflit. »

Ce ne sont que quelques petits extraits des conclusions du Synode, de petites perles au milieu de ce grand texte, des perles pleines d’espérance. Oui, le Christ a sauvé le monde quoique nous voyons autour de nous de désespérant. Et c’est pourquoi je veux chanter encore.

Chanter avec toutes ces personnes angoissées devant des migrations volontaires ou forcées dans les situations de guerre, de changements climatiques (sécheresse, perte des récoltes, pluies abondantes). Danser avec toutes ces personnes en recherche de dignité, de reconnaissance, voire simplement de tendresse et de présence pour contrer la solitude. Inventer des airs nouveaux avec ces jeunes en quête de sens, un sens à la vie, un sens à l’action dans un monde qui se transforme trop vite.

Oui, c’est ce que je nous souhaite en ce temps des fêtes du rappel de la Nativité et de l’An Nouveau. Savoir encore chanter la beauté de la vie ! Oser vivre une fraternité joyeuse et accueillante ! Accueillir la fragilité de la vie dans l’enfant de la crèche de Bethléem ! Aimer la vie et en témoigner par ce que nous sommes et ce que nous réalisons en toute humilité !

N.B. Toutes les citations sont tirées du document final de la XVI assemblée générale ordinaire du Synode des évêques.

Heureuse fête de la Nativité !

Jean-Marc St-Jacques, c.s.v.
Supérieur provincial

Source :
Bulletin d’information – Décembre 2024 – No 263 (PDF)

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