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Croire, c’est accepter ce que Dieu veut me donner

Dans Service catéchétique viatorien par Viateurs Canada le 01/12/2014

Cet article est tiré du site Catéchèse / Ressources. Il reprend quelques idées de l’ouvrage de Rémi Brague intitulé « Du Dieu des chrétiens… et d’un ou deux autres » que nous vous conseillons grandement (Éditions Flammarion, 2008).

« Car ce que je voudrais, cela, je ne le réalise pas »

Ce témoignage de l’apôtre Paul est gros d’une véritable révolution :

Cœur divisé« En effet, ma façon d’agir, je ne la comprends pas, car ce que je voudrais, cela, je ne le réalise pas; mais ce que je déteste, c’est cela que je fais. En effet, ce qui est à ma portée, c’est de vouloir le bien, mais pas de l’accomplir. Je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas. Malheureux homme que je suis! Qui donc me délivrera de ce corps qui m’entraîne à la mort? Mais grâce soit rendue à Dieu par Jésus Christ notre Seigneur! » (Rm 7,15.18b.19.24.25b)

En effet, le véritable problème pour Paul n’est pas de savoir ce qu’il devrait faire, mais de savoir pourquoi, alors qu’il sait trop bien ce qu’il devrait faire, il ne le fait pourtant pas. (p. 191)

Et avouons-le, cette lutte intérieure qu’a vécue Saint Paul, nous la vivons tous…

La réponse du christianisme à ce problème

La réponse du christianisme au problème évoqué par l’apôtre Paul est double :

  • En réponse à nos fautes passées, Dieu offre sa miséricorde.
  • En réponse à notre désir de faire le bien, Dieu offre sa grâce.

Ciel et rayons de soleilComme l’affirme Rémi Brague, étonnamment, « la révélation chrétienne n’est pas celle d’une Loi, mais celle d’une miséricorde et d’une grâce. » (p. 192)

Le christianisme ouvre en effet un espace de liberté et d’imagination : à l’être humain est confié le moyen de monnayer le bien, de définir la bonne façon de se gouverner soi-même et finalement de bien vivre.

C’est à l’homme de trouver les styles dans lesquels il réglera sa vie personnelle et en communauté. Tâche ardue, toujours à refaire, mais tâche à laquelle les forces de l’intelligence humaine devraient suffire. (p. 189)

Dieu n’a pas besoin de fournir à l’homme un manuel qui lui indiquerait en chaque cas les bonnes façons de faire.

Liberté versus libertinage

Est-ce à dire que le droit, la morale et toutes les règles seraient inutiles? Pire que l’on pourrait les remplacer par de vagues effusions? (…) En fait, nous avons besoin d’être au clair en matière de droit et de morale. (p. 189)

Comme le dit Saint Paul, si « tout est permis, tout n’apporte par une contribution positive, tout n’est pas constructif » (1 Cor 10,23)

De fait, l’expérience montre que chaque conduite comporte une logique interne qui, en dernier ressort, la fait déboucher tantôt sur la vie, tantôt sur la mort. (p. 192)

Bref, la liberté chrétienne ne saurait être au service du libertinage puisqu’elle est au service de la vie :

« Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance » (Jn 10,10)

C’est pourquoi le chrétien en quête de liberté et de vie a besoin d’une vie morale. Pour ce faire, il a constamment besoin d’affiner sa sensibilité éthique. Il a besoin de modèles, passés comme présents, qui sauront l’inspirer sur la voie du bien. (p. 193)

Et… bien sûr, il a besoin de la grâce de Dieu, de l’aide de Dieu.

En réponse à notre désir d’une vie en plénitude : un Dieu qui se donne

Dans le christianisme, le danger n’est pas de trop croître ou de trop se développer… bien au contraire!

RaisinsLe but recherché est, comme le quatrième évangéliste le fait dire à Jésus dans la parabole de la vigne, de « donner beaucoup de fruit » (Jn 15,8) (p. 207)

Voilà pourquoi il importe de s’enraciner en Dieu, de s’ouvrir au don Dieu : le but est de continuer à recevoir, de ne pas se dessécher en se coupant de la racine. (p. 208)

Comme le dit Saint Augustin, il s’agit d’adhérer au Bien, à celui qui me veut du bien : « Il est bon pour moi d’adhérer à Dieu ».

Soulignons que l’adhésion à Dieu dans le christianisme ne s’achève aucunement dans un rapport de soumission, mais qu’elle débouche à une identification avec Dieu, selon l’idée de divinisation développée par les Pères de l’Église grecs. (p. 209)

L’attente de Dieu

Rémi Brague a une formule qui pourrait en surprendre plus d’un : le vrai Dieu ne demande rien, il ne fait que donner. (p. 210)

Le Dieu des chrétiens ne fait que donner la vie. (p. 212)

Est-ce à dire que Dieu n’a aucune attente à l’endroit de l’être humain?

Comme l’affirme Saint Irénée de Lyon : « La gloire de Dieu est l’homme vivant. »

Ce qui glorifie Dieu n’est rien d’autre que la vie même qu’il donne à l’être humain. Dieu ne demande rien, mais il attend de l’être humain qu’il accepte ce qu’il lui donne, que l’être humain laisse opérer en lui le don de la vie éternelle. (p. 215)

Dieu espère que l’homme dira « oui » au don de sa Vie.

Vraiment, le Dieu des chrétiens est un Dieu étonnant, merveilleusement étonnant.

La foi, réponse de l’homme à l’attente de Dieu

Croire, c’est accepter ce que Dieu veut me donner, c’est se connecter à Dieu. Dieu est tel qu’il ne peut être atteint que dans la foi. Croire, c’est se reconnaître nécessiteux, et du fait même, recevoir ce dont on a besoin. (p. 204)

Par la foi, nous acceptons de nous brancher sur Dieu. Ce que l’on appelle la foi en Dieu de l’homme est une réponse à la foi de Dieu en l’homme, en cette confiance première de Dieu à notre égard. (p. 206)

Selon la perspective chrétienne, accepter ce que Dieu nous donne, c’est entre autres choses accepter de communier à sa Vie dans le Pain de Vie.

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