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Réflexion sur l’expérience pastorale à la Villa Manrèse

Dans Échos des Viateurs d'Haïti, Haïti par Evenson Mars c.s.v. le 10/01/2015

La Villa Manrèse, qui était la maison mère des CSV en Haïti avant la catastrophe du 12 janvier 2010, est devenue depuis cet événement la benjamine de la famille. C’est pourquoi la pastorale à la Villa Manrèse devient un défi pour les jeunes étudiants en théologie que nous sommes.

Située au Haut-Turgeau, la Villa Manrèse a été frappée sévèrement jusqu’à la destruction même du bâtiment lors du cataclysme du 12 janvier. Ceci a provoqué un grand ralentissement dans le développement et de la Fondation d’Haïti et de la communauté de foi. Ce qui est relatif à la communauté de foi, c’est la décadence totale.

Groupe Sainte Famille de la Ville ManrèseLes gens ont besoin d’un accompagnement sur divers angles tels que : spirituel, moral, psychologique, économique, humain, etc. Alors la grande interrogation est : comment nous, les jeunes scolastiques, pouvons-nous répondre à ces multiples besoins ? Est-ce que les besoins ne sont pas liés entre eux ? Est-ce que nous avons assez de bagages pour faire face à ces différents besoins ?

Ainsi, c’est au jour le jour que nous, les étudiants en théologie, nous échangeons pour trouver une stratégie adaptée pouvant amener le plus grand nombre de jeunes possible à intégrer les mouvements que nous accompagnons.

Les deux groupes les plus dynamiques, à savoir la chorale Louis Querbes et la chorale NAC (Nouvelle Animation Chrétienne), sont en déséquilibre, ils ont la tendance à projeter l’image d’un chœur d’hommes et l’autre le contraire. Il y a un manque d’intérêt du côté des jeunes. Nous sommes en train de penser comment améliorer la situation.

Alors, sachant qu’il n’y a pas de recette en matière pastorale, nous essayons d’observer avant de poser certaines actions. C’est l’expérience qui nous  permet de poser des actions concrètes pouvant soulager, apaiser la situation que vivent les gens. Il est vrai que nous sacrifions notre temps pour être disponibles pour eux, mais cela n’est pas suffisant.

Certes, nous nous sentons interpellés, et nos bonnes volontés sont là pour aider les gens à vivre leur foi, mais face à cette situation criante, lamentable, nous sommes impuissants. Il nous est important de le souligner, car les deux piliers de la pastorale à savoir : la Parole de Dieu et la réalité, marchent de pair.

Nous ne pouvons pas nous contenter seulement de leur raconter des histoires bibliques sans tenir compte de leur réalité, nous devons être capables de répondre à leurs besoins les plus primaires.

Ce n’est pas parce que nous avons un préjugé défavorable ni de la localité ni de la communauté, c’est juste notre façon de comprendre la situation après deux ans, suite aux différents échos venant des gens qui côtoient la Villa Manrèse depuis avant même le séisme. Enfin, nous aimerions bien atteindre le but ultime de la pastorale qui est d’emmener ces gens au salut, mais la mission nous paraît vraiment difficile, mais elle n’est pas impossible non plus.

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