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La fondation viatorienne du Pérou

Dans Notre mission, Pérou, Viateur, Viateurs en mission par Nestor Fils-Aimé c.s.v. le 17/06/2016

Le 22 janvier 1959, un communiqué de la province viatorienne de Joliette informe que le discrétoire provincial « accepte de fonder une mission à Cerro Alegre au Pérou ».

Le 22 mai de la même année, le P. Hervé Gouger, supérieur provincial annonce que trois religieux (FF. Arthur Sylvestre et Julien Tellier, P. Jean Tremblay) partiront pour le Pérou.

En décembre 1959, après quelques mois d’apprentissage de la langue espagnole, les trois premiers Clercs de Saint-Viateur s’installent à Cerro Alegre dans la province de Cañete et s’occuperont d’une école primaire et de la paroisse. La mission ou fondation viatorienne au Pérou est née et a ainsi pris son envol.1

Au gré des situations et des besoins particuliers de l’Église et de la société, les Viateurs ont été amenés à emprunter diverses voies et à réviser souvent leurs itinéraires au cours de ces cinquante-six années de présence sur la terre des Incas.

De la paroisse et l’école à Cerro Alegre au collège Fe y Alegria No 69 à Cutervo, du « Puericultorio Pérez- Arranibar », une œuvre de bienfaisance pour enfants orphelins et/ou abandonnés au « Viatorcitos », un centre de stimulation pour les tout-petits, en passant par la création en 1967 de la Paroisse « Cristo, Hijo de Dios » à Collique, la prise en charge de communautés chrétiennes dans des zones délaissées de la Selva (la forêt amazonienne) et d’autres insertions pastorales et scolaires (Huaraz, Yungay, Huancayo…) dans la Sierra (la montagne), les champs d’intervention ont été multiples et se sont tous mis sous un dénominateur commun : « l’option pour les pauvres ».

Clercs de Saint-Viateur au PérouAu-delà de ces engagements communautaires plus formels, les Viateurs du Pérou ont également écrit leur histoire à travers la collaboration à la production et à la diffusion de matériel audiovisuel en vue de l’évangélisation, la participation à la formation de catéchètes, de petits séminaristes, la mise sur pied de radio communautaire, du Centre d’éducommunication Saint-Viateur (CESAVI) à Collique, du Centre Jean-Paul-Lane à Yungay etc.

Cette fondation viatorienne du Pérou a vu défiler près d’une quarantaine de missionnaires étrangers parmi lesquels trente-deux religieux et six laïcs provenant de trois nationalités : Canadiens (28), Espagnols (9), Français (1). Le 24 février 1991, le F. David Cuenca fit sa première profession religieuse et devint le premier Clerc de Saint-Viateur péruvien. Onze autres de ses compatriotes le suivront mais quitteront tous l’Institut en cours de route, de manière volontaire ou non.

Aujourd’hui, sans perdre de vue ce passé d’engagement et d’éclosion de la communauté, le temps est à la modestie et à la définition de stratégies de régénérescence et de renforcement de la mission. El tiempo pasa y no vuelve atrás (Le temps passe et ne revient pas en arrière), dit la chanson.

Le temps d’une communauté de religieux relativement nombreux n’est plus. La fondation ne peut plus compter sur du renfort en personnel religieux en provenance du Canada ou de l’Espagne.

Les Viateurs cherchent comment continuer à incarner le beau charisme de notre communauté à partir de la réalité qui est la leur et du contexte socioéconomique, culturel et ecclésial actuel du Pérou.

« La Fondation du Pérou aujourd’hui, ce sont les cinq Viateurs religieux venant de quatre pays différents (NDLR : 2 Canadiens, 1 Espagnol, 1 Péruvien et 1 Ivoirien); ce sont les huit Viateurs associés venant de circuits variés. Ils tentent d’avancer, d’inventer des chemins nouveaux, de créer des passages pour sortir des zones cahoteuses.

Malgré le petit nombre de religieux, les engagements sont nombreux : Collège Fe y Alegria, No 69 à Cutervo dans la Sierra péruvienne (en montagne), Collège Fe y Alegria No 11 à Collique en banlieue de Lima, CESAVI (Centro EducoEducommunicación San Viator) à Collique, Viatorcitos (Petits viateurs), un centre de stimulation pour enfants, la CONFER (Conférence des Religieux du Pérou), le SPV (Service de Préparation à la Vie), etc.

Partout, on s’implique et on cherche à édifier une communauté toujours nouvelle, attentive aux besoins de son temps 2 ». À la suite d’une récente assemblée des religieux de la fondation, ceux-ci ont exprimé leurs convictions dans l’actualité du charisme et de la mission de la communauté viatorienne au Pérou.

Du même coup, ils ont renouvelé leur volonté de poursuivre avec acharnement l’œuvre viatorienne par un projet de vie et des approches qui interpelleront des jeunes et toute personne de bonne volonté.

L’avenir de la fondation repose essentiellement sur l’ouverture à la collaboration avec d’autres communautés religieuses et avec des personnes qui partagent la ligne directrice de notre charisme. Il passe par la consolidation du « petit reste » des Viateurs religieux et par le développement de la communauté qui inclut la participation active des Viateurs associés. Il se nourrira d’une pastorale vocationnelle efficace axée sur la connaissance des personnes et de leur situation.

Centre ViatorcitosLa collaboration récente avec les « Religieuses du Verbe Incarné » dans l’animation du Service de Préparation à la Vie (SPV), la création d’une entité ouverte et inclusive en vue de la pastorale vocationnelle, le rôle majeur qu’occupe le F. Benoît Tremblay en qualité de coordonnateur du programme de formation initiale au sein de la Conférence des Religieuses du Pérou, l’implication de jeunes adultes au Centre Saint-Viateur et au « Viatorcitos », la coordination des équipes de direction des Collèges Fe y Alegria à Cutervo et à Collique, etc., sont autant d’orientations riche en promesses et qui lèvent le voile sur ce que peut être le futur viatorien au Pérou.

S’il est vrai que la fondation du Pérou navigue sur des eaux agitées, il n’en demeure pas moins que les navigateurs sont bien conscients du mouvement des courants et ils gardent confiance. La barque est solide, les gilets de sauvetage sont prêts et la boussole n’est jamais défectueuse. On avance sans crainte. Ce n’est ni un manque de réalisme ni un aveuglement outrancier que d’oser l’espérance. C’est une confiance dans la présence de l’Esprit qui guidera toujours notre communauté.

Vous aimerez peut-être lire :

  1. Pour un historique complet de la fondation du Pérou, reportez-vous aux principaux écrits suivants : – LAUR, P., Elementos de una historia de la Fundación peruana, édition privée, Collique, 2010 – Viateurs info, No 81, Printemps 2010, Vourles, p. 14-21 – Viator, Vol IV, No 12, octobre 2004, p. 191-202 – HÉBERT, B. (sous la direction de) : Le Viateur illustré 1847-1997, secrétariat provincial, 1998 2 FILS-AIMÉ, N., Du Pérou au Chili, une visite qui revigore, in Bulletin d’information Les Viateurs du Canada, No 193, mars 2016, p. 4.

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